Un chiffre glace : des dizaines de psychologues en exercice ont déjà été sanctionnés pour des manquements déontologiques. Derrière la façade rassurante des codes éthiques, les frontières se brouillent parfois, laissant place à des failles inattendues. La réalité professionnelle ne se réduit pas à des principes couchés sur le papier. Des conflits d’intérêts peuvent surgir, même chez les praticiens chevronnés, sans forcément alerter l’entourage ou les institutions.
Multiplier les dispositifs de supervision et d’auto-formation n’efface pas tous les angles morts. Des faiblesses subsistent dans la formation continue, exposant aussi bien les patients que les psychologues à des écarts parfois lourds de conséquences.
Les risques déontologiques en psychologie : un enjeu souvent sous-estimé
La déontologie des psychologues structure la confiance qui existe entre patient et praticien. Pourtant, la vigilance reste de mise. En France, le titre de psychologue est certes protégé, et l’inscription au registre national ADELI s’impose, mais les contrôles varient d’un territoire à l’autre. Il arrive que des professionnels exercent sans respecter fidèlement le code de déontologie qui encadre la psychologie clinique, la psychologie sociale, la psychologie cognitive ou encore la psychologie du travail.
La profession ne dispose pas d’un ordre au sens strict, contrairement aux médecins : l’absence d’ordre professionnel des psychologues limite les leviers quand des signalements sont déposés. Les recours sont souvent complexes, les associations professionnelles interviennent, mais leur marge de manœuvre reste étroite. Pour le patient, la moindre alerte peut vite devenir un parcours obscur, entre manque de transparence et lenteur administrative.
Les risques éthiques ne se limitent pas à la question du secret professionnel. Confusions de rôles, interventions hors champ de compétence, pressions implicites ou directes : ces dérapages, même isolés, laissent des marques. Chaque spécialité de la psychologie expose à ses propres tensions. En psychologie de la santé, l’influence sur des décisions médicales peut poser problème ; en psychologie du travail, la ligne entre accompagnement individuel et stratégie d’entreprise s’avère ténue.
Dans ce contexte, la transparence reste la meilleure boussole. Vérifier l’inscription au registre ADELI et s’assurer de l’adhésion à un code de déontologie psychologue sont des réflexes à adopter. Seule la rigueur, tant dans le respect des règles que dans la formation continue, protège les droits du patient et préserve l’authenticité de chaque démarche.
Quels sont les principaux pièges éthiques à éviter lors d’une consultation ?
Lors d’une consultation avec un psychologue, que ce soit en cabinet ou en téléconsultation, la vigilance éthique est de mise. Premier pilier : le secret professionnel. La confidentialité n’est pas négociable. Si un professionnel de la santé mentale divulgue des informations sensibles sans accord, c’est la confiance elle-même qui s’effondre.
La neutralité du psychologue ne l’est pas moins. Accompagner un patient demande de garder une posture sans jugement ni influence. Suggérer des solutions toutes faites, s’immiscer dans des choix personnels, ou encore utiliser des méthodes non médicamenteuses sans validation expose à des risques concrets. Certaines pratiques, comme la psychothérapie exercée sans cadre ou la prescription de psychotropes sous pression extérieure, posent de vraies questions d’éthique.
Pour clarifier les repères à garder à l’œil, voici les points à surveiller lors d’une première rencontre ou au fil du suivi :
- Respect du consentement éclairé : Le psychologue doit expliquer d’emblée les méthodes, la durée prévue et l’organisation de la prise en charge.
- Limite du champ de compétence : Si la situation sort du cadre du praticien, celui-ci doit orienter vers un psychiatre ou un autre professionnel de santé.
- Évaluation honnête des résultats : Présenter les perspectives d’une démarche psychologique sans jamais promettre la guérison permet de bâtir une relation thérapeutique honnête.
Clarté sur la méthode, respect du patient, pas de promesse illusoire : ces repères font la différence. Qu’il s’agisse d’un psychologue psychanalyste, d’un psychiatre psychothérapeute ou de tout autre professionnel, la qualité de la prise en charge repose sur ces fondamentaux partagés.
Zoom sur les conséquences concrètes d’un manquement à la déontologie
Un écart au code de déontologie des psychologues impacte bien plus que le professionnel lui-même. Quand la confidentialité vole en éclats, c’est la vie privée du patient qui est menacée, parfois de façon irréversible. La moindre fuite d’informations, même partielle, sape la confiance, fait naître un sentiment de trahison et peut pousser à s’éloigner durablement du système de santé mentale.
Le secret professionnel n’est pas une formalité administrative : il protège la sécurité psychique du patient. Sans cette garantie, beaucoup hésitent à aborder des sujets sensibles, redoutant la stigmatisation. Cette crainte, alimentée par les dérives, perpétue le silence autour de la souffrance psychique et freine l’accès aux soins.
Plusieurs conséquences concrètes découlent de manquements déontologiques :
- Perte de confiance dans la profession : Une infraction à la déontologie psychologue jette le discrédit sur tous les professionnels du secteur.
- Conséquences juridiques : En France, un manquement au code de déontologie psychologues peut entraîner la responsabilité du praticien, avec signalement au registre national ADELI ou à l’ordre des psychologues si une telle structure existe.
- Impact sur le parcours de soins : Un comportement déplacé met en péril le cheminement du patient, parfois jusqu’à un abandon durable du suivi.
La déontologie psychologue ne relève pas de la pure théorie. Elle agit comme une barrière contre les dérapages, protège la personne accompagnée et entretient la confiance au sein du secteur de la santé mentale. Le respect strict des obligations professionnelles détermine la qualité du lien, que l’on soit en cabinet privé, en institution ou en intervention spécialisée.
Ressources, formations et bonnes pratiques pour rester à jour et prévenir les dérives
La formation professionnelle constitue la première défense contre les dérives. Le code de déontologie des psychologues, mis à jour régulièrement, s’appuie sur un socle universitaire solide. Dès la licence, les formations en psychologie clinique, psychologie sociale ou psychologie de la santé intègrent des modules dédiés à la déontologie et à l’éthique de la relation d’aide.
Pour sécuriser la pratique, l’inscription au registre national ADELI reste une étape incontournable. Ce système garantit l’authenticité du titre de psychologue et permet d’identifier les professionnels habilités. Les supervisions régulières, qu’elles soient individuelles ou collectives, offrent un appui précieux face aux situations complexes rencontrées en cabinet ou au sein des centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP).
Les échanges entre pairs et la participation à des groupes de réflexion contribuent à maintenir les pratiques à jour. Les événements comme conférences, séminaires ou colloques, portés par les sociétés savantes en psychologie cognitive ou psychologie du travail, alimentent la réflexion et permettent de suivre l’évolution des standards déontologiques.
Voici les leviers sur lesquels s’appuyer pour renforcer la vigilance et prévenir les dérapages :
- Suivi post-universitaire : Actualisation fréquente des connaissances et des outils utilisés en pratique.
- Référence au code de déontologie : Consultation systématique du texte lors de situations inédites ou ambivalentes.
- Collaboration interdisciplinaire : Maintien d’un dialogue constant avec d’autres intervenants du champ de la santé mentale afin d’éviter l’isolement.
La vigilance s’exerce aussi sur le plan administratif : archivage sécurisé des dossiers, respect des procédures d’inscription, et signalement rapide de toute difficulté auprès des instances compétentes.
La confiance dans le métier de psychologue ne repose pas sur la seule réputation ou la bienveillance affichée. Elle se construit, patiemment, sur la rigueur, la formation continue et la capacité à se remettre en question. C’est là, dans cette exigence quotidienne, que la profession puise la force de protéger ceux qui lui confient leur histoire.


